COMMENT DÉVELOPPER LE MANAGEMENT EN TRIBU ?

    Qu’est-ce que le management tribal ?

    Ce type de management considère que dans une entreprise, la motivation des individus et les relations entre les collaborateurs sont des facteurs déterminants pour la réussite des projets.

    En réalité, le management aujourd’hui est très différent de celui d’antan et les entreprises sont beaucoup plus exigeantes qu’auparavant.

    C’est la fin des tâches répétitives en entreprise. Des machines font ces tâches quand elles ne sont pas délocalisées à l’étranger.

    Les collaborateurs souhaitent que leur travail ait du sens, qu’ils puissent avoir la maîtrise de ce qu’ils font, exprimer leur créativité et surtout ressentir qu’ils ont du contrôle sur ce qu’ils font.

    La notion de tribu devient aujourd’hui très importante au sein des entreprises et peut être utilisé comme un facteur de performance certain.

    Penchons-nous sur deux études complètement différentes pour comprendre la capacité des humains à travailler et performer en tribu :

    1. La tribu en colonie de vacances.

    Nous sommes en 1954, l’étude porte sur 22 garçons tous âgés de 12 ans. Ils ont été sélectionné pour participer à une colonie de vacances au Robbers Cave State Park, dans l’Oklahoma aux États-Unis.

    Colonie de vacances

    Il s’agit pourtant d’une colonie de vacances plutôt spéciale car il s’agit en réalité d’une expérience psychologique menée par les docteurs Muzafer et Caroline Sherif.

    Chaque enfant avait été méticuleusement sélectionné afin que tous partagent un maximum de similitudes :

              Mêmes origines sociales
              Même quotient intellectuel
              Même type de famille

    Dès le départ, le groupe des 22 enfants est divisé en deux sous-groupes distincts et installés aux extrémités du parc dans lequel ils sont en colonie.

    Les chercheurs ont fait en sorte que chacun des deux groupes ne connaissent absolument pas l’existence de l’autre.

    Le scénario initial prévoyait que les enfants fassent tout d’abord connaissance entre eux avant qu’ils puissent prendre conscience de l’existence d’un autre groupe fort similaire au leur.

    Les personnes encadrant ces expériences étaient tous des psychologues ou des étudiants diplômés présents à titre d’observateurs afin d’analyser le déroulement de l’ensemble des événements.

    Cependant, le scénario initial n’eut jamais lieu car les deux groupes ont très tôt découvert l’existence d’un autre groupe dans le même parc et des hostilités ont commencé très rapidement à se mettre en place.

    Le management tribal : Un penchant naturel à se développer en tribu.

    De chaque côté, les garçons ont su qu’il y avait un groupe dans leur parc de colonie de vacances et ils se sont rassemblés en vue de se défendre contre ceux qu’ils considéraient comme « un agresseur ».

    C’est ainsi qu’il faut se rendre compte que les êtres humains forment naturellement des groupes que l’on peut appeler des tribus.

    Une tribu ancienne

    Chacun des groupes s’est baptisé d’un nom spécifique ; les premiers se sont fait appeler « les aigles » quant au second, ils se sont baptisés « les crotales ».

    Il s’agit véritablement d’identités collectives très différentes qui se sont créées pour aider les membres de chaque groupe à identifier « les leurs » et à les distinguer des « étrangers ».

    Dans le cas de cette étude, les aigles se sont rapidement revendiqués comme des héros tandis que les crotales se sont identifiés à des individus marginaux et rebelles.

    Les tensions n’ont fait qu’augmenter entre les deux groupes à tel point que si au départ, il ne s’agissait que de paroles comme des injures ou des remarques humiliantes, il s’en est suivi des vols de drapeau, des raids dans le bâtiment du groupe adverse et même des bagarres dans la zone de réfectoire.

    Essayant de maintenir des activités au sein des deux colonies, les chercheurs ont proposé des activités de compétition mais elles se sont avérées être de véritables catastrophes.

    Pour garantir la sécurité des autres campeurs présents sur le site, les chercheurs ont tenté de trouver une solution pour résoudre le conflit entre les deux tribus.

    Le management tribal : L’introduction de défi

    C’est ainsi que les psychologues ont introduit des défis et des objectifs qui exigeaient une coopération.

              Résoudre une pénurie d’eau
              Pousser un camion en panne jusqu’au camp
              Décider du film à regarder ensemble
              Préparer les repas pour tous survivre

    Une fois que les jeunes garçons avaient compris qu’ils faisaient partie d’un groupe plus important, les conflits ont cessé et ils ont commencé à s’entraider et à développer la coopération.

    2. La tribu en entreprise.

    Une deuxième étude a été réalisée sur plus de 10 ans par Dave Logan, John King et Halee Fischer-Wright.

    Cette étude a porté sur plus de 20400 personnes dans plusieurs entreprises américaines allant de la côte Est à la côte Ouest.

    Les observations des chercheurs portaient à la fois sur le langage, le comportement mais aussi les relations entre les différents collaborateurs d’une même entreprise.

    C’est en analysant toutes les données recueillies qu’ils sont parvenus à dégager des principes de management et de leadership universel en les rassemblant dans un livre intitulé « Tribal Leadership« 

    La conclusion de leurs travaux montra que le succès d’une entreprise dépendait de sa capacité à créer des tribus.

    Le management tribal : Une tribu : kesako ?

    Il s’agit d’une tendance naturelle de regroupement des êtres humains lorsqu’ils sont en groupe.

    Nous sommes automatiquement et de manière profonde influencés par les personnes qui nous entourent.

    En tant qu’êtres humains, nous nous identifions comme faisant partie d’un groupe et nous avons un instinct primaire qui nous pousse à nous distinguer d’autres groupes.

    Cela explique notamment la plupart des conflits et des guerres qui sévissent actuellement sur notre planète.

    C’est ainsi qu’une tribu peut se définir comme un groupe composé de minimum 20 individus pouvant aller jusqu’à 150 membres et même au-delà. Ceux-ci se connaissant suffisamment pour arriver à se saluer lorsqu’ils se croisent dans la rue.

    C’est ainsi qu’une PME ou même une moyenne entreprise constituera une tribu à part entière alors qu’une grande entreprise constitura plusieurs tribus au sein de l’entreprise.

    Le management tribal : Exemple d’une tribu forte

    Il suffit pour s’en convaincre de voir comment agissent les supporters sportifs d’un même club.

    Au fil des années, les joueurs, les entraîneurs et même des stades entiers changent de tenue et parfois même d’équipementiers. Si souvent qu’il est difficile pour une personne extérieure de comprendre ce que les fans suivent exactement.

    En effet, la vie des fans des Diables Rouges en Belgique continuera de se dérouler de la même manière qu’auparavant, que leur équipe favorite gagne ou perde.

    Cependant, même si c’est vrai, les supporters vous diront qu’ils ne vivent pas du tout les choses de cette manière car quand leur équipe favorite gagne, ils ont l’impression d’avoir autant gagné que leur équipe.

    De même, dans une ville aussi grande que Londres, les rivalités sportives peuvent survenir pour une raison identique.

    Pour avoir passé un certain moment dans la capitale britannique, je peux vous assurer que lorsqu’une équipe du sud de la capitale rencontre une équipe du nord, le club et même les supporters diabolisent complètement l’équipe adverse.

    Lorsque vous observez ces événements de l’extérieur, vous les jugez complètement absurdes : des footballeurs qui se battent pour un ballon rond devant des milliers de personnes occupées à crier jusqu’à en perdre la voix pour soutenir leurs fans.

    Une tribu moderne

    Cependant, sur le moment, seule la force de conviction et l’hostilité comptent aux yeux des deux groupes en présence.

    Ainsi, on remarquera que des tribus se forment toujours autour de questions ou d’opinions bien spécifiques ou bien même d’événements importants.

    Il est important de comprendre la dynamique de la tribu au risque d’être pris dans l’engouement de celle-ci sans la comprendre.

    Le management tribal : Fonctionnement de la tribu

    Le fonctionnement d’une tribu se fait en 5 stades et chaque stade correspond à un comportement, une façon de parler et un type de relation bien précis.

    Lorsque vous observez un groupe en tenant compte de ces trois critères précis, il est possible de déterminer à quel stade tribal se trouve ce groupe.

    Stade 1 : « La vie est nulle »

    Ce premier stade représente 2 % des personnes dans une entreprise. Les personnes se sentent exclues de leurs propres faits ou non et elles le ressentent véritablement comme telle.

    En vérité, elles ne savent pas vraiment ce qu’elles souhaitent et ne sont satisfaites ni par leur situation ni par leur travail.

    Elles ont tendance à se comporter de manière agressive et à se retrouver rapidement au cœur d’un ou plusieurs conflits.

    Stade 2 : « Ma vie est nulle »

    Ce stade représente 25 % des personnes. Les personnes à ce stade sont à un niveau d’implication dans l’entreprise que l’on peut considérer comme minimaliste et elles réalisent les tâches minimums pour ne pas recevoir d’avertissement ou encore se faire virer.

    Les personnes se trouvant dans ce stade ont souvent tendance à s’isoler et éviter le contact avec les autres collaborateurs.

    C’est souvent dans ce stade que l’on remarque une résistance au changement de la part des collaborateurs mais aussi une grande passivité et une volonté de maintenir les choses en l’état actuel.

    Stade 3 : « Je suis génial et les autres sont nuls »

    Ce stade trois représente 49 % des personnes.

    À ce stade, les personnes ont confiance en elles et en leurs capacités autant qu’en leurs compétences.

    Elles vont généralement trouver des preuves pour se convaincre qu’elles sont géniales et que s’il y a des problèmes au sein de la tribu ou de l’entreprise, c’est forcément que les autres se trompent.

    Elles auront tendance à considérer leurs collègues comme inférieurs et agiront en tant que tel en les dévalorisant.

    Leur implication dans l’entreprise n’est plus à démontrer mais elles s’en servent uniquement pour servir leurs propres fins.

    Faut-il alors préciser que ce genre de personne est uniquement dans un rapport de pouvoir et de domination sur les autres ?!

    On peut leur donner comme devise : « Diviser pour mieux régner » ou encore «Enjambeur de cadavres pour mieux monter dans l’entreprise ».

    Ce genre de personne peut s’avérer dangereux pour la tribu car elles utilisent souvent la rétention d’information comme arme principale.

    Stade 4 : « Nous sommes les meilleurs »

    Ce stade ne représente que 22 % des personnes de l’entreprise. L’ensemble des collaborateurs de ce groupe sont heureux de travailler ensemble et ont un objectif en commun : le développement de l’entreprise/de la tribu à laquelle ils appartiennent.

    Le collaborateur ressent une profonde fierté d’appartenir à ce groupe et coopère volontiers pour atteindre les objectifs collectifs.

    C’est souvent à ce stade que l’on définira que le groupe peut être reconnu comme une tribu car l’ensemble des individus qui le compose agit collectivement sur des objectifs spécifiques.

    Stade 5 : « La vie est géniale »

    Ce dernier stade représente moins de 2 % des personnes.

    C’est l’aboutissement de tout un processus d’évolution pour arriver à la tribu.

    Lorsque l’on arrive à ce stade de la tribu, le mot d’ordre est désormais « équipe » et atteinte d’objectifs ensemble.

    Les comportements individuels n’existent plus et chacun avance dans l’idée de gagner ensemble.

    La devise de ce genre de tribu pourrait être : « Plus loin, plus fort ensemble ».

    Le management tribal : Comment arriver à développer une tribu efficiente ?

    Il existe bien évidemment un ensemble de levier pour passer d’un stade à un autre.

    Bien entendu, chaque stade s’appuie sur le précédent et il n’est donc pas possible de sauter un stade voire même plusieurs.

    On sait également que l’on a changé de stade en observant le langage, les relations et le comportement entre chaque individu.

    Passer du stade 1 au stade 2

    Il est important d’encourager l’individu à s’impliquer dans toutes les actions en cours. On favorisera notamment l’intégration dans le groupe en invitant cette personne aux réunions, événements et en lui octroyant du temps.

    C’est également en l’isolant des mauvaises personnes et en la poussant à rompre les liens avec les personnes du stade 1 que vous la ferez avancer.

    Il faut que le collaborateur ait la conviction sûre et certaine qu’il peut avoir sa chance comme tout un chacun au sein de l’entreprise.

    Le passage du stade 2 au stade 3

    L’établissement de relations avec d’autres personnes au sein de ce même stade marque fortement le passage de ce stade.

    C’est en mettant en avant ses compétences, ses talents et ses atouts et en lui montrant comment il peut les développer qu’il s’imprègnera davantage du stade 3.

    Vous favoriserez également l’ancrage dans ce stade trois en amenant la personne à travailler sur des projets à court terme qu’elle réussira et lui permettront de reprendre confiance en elle.

    Arriver au stade 4

    C’est toujours la multiplication des relations avec d’autres collaborateurs de l’entreprise qui amèneront à l’atteinte du stade quatre et plus encore à se rassembler autour de valeurs communes aux membres de ce stade.

    À ce stade, le groupe travaille sur des projets qui nécessite l’entraide et célèbre la réussite une fois les objectifs atteints.

    Chaque collaborateur du groupe comprend tout doucement que la mise en place des relations et l’instauration d’un réseau fort est la clé du pouvoir pour avancer ensemble.

    La transparence est appliquée dans tout ce qui est mis en place pour permettre un équilibre des relations et de l’entraide.

    Le stade 5

    À ce stade, le collaborateur ne pense plus en terme personnel mais réfléchit constamment en terme de « nous ».

    La tribu est désormais en place et elle doit continuer à être encouragée pour que l’équipe puisse se surpasser et se fixer des objectifs toujours plus importants.

    La tribu se rassemble autour de valeurs fondamentales que tous les membres partagent et chacun adapte son comportement, son langage et ses relations avec les autres pour faire progresser le groupe.

    L’évaluation personnelle et collective dans la tribu.

    Lorsque l’on demande à des collaborateurs de s’évaluer sur les 5 stades, ils auront souvent tendance à le faire bien au-dessus de la réalité.

    Il est important que chacune des personnes constitant une tribu prenne conscience de l’existence des différents stades et des caractéristiques sous-jacentes.

    Ce n’est qu’en validant chacun des stades qu’elles pourront s’identifier dans celui-ci, prendre le recul nécessaire et s’adapter en vue de passer au stade suivant.

    C’est ainsi qu’une tribu qui fonctionne correctement sera évaluée tous les deux à trois mois pour identifier son bon fonctionnement, ses valeurs intrinsèques, leur manière de parler, leur comportement et les relations à mettre en place.

    Vous souhaitez développer la tribu et le management tribal au sein de votre entreprise ou au sein d’équipe dans votre entreprise, faites appel à nous pour le déploiement de cette stratégie.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *